Escoffier caritatif

L’humanisme d’Escoffier

Escoffier fut toujours très préoccupé par l’injustice sociale. C’était un homme foncièrement bon, soucieux des autres, il l’a prouvé toute sa vie. « Jamais personne ne s’adressa à lui en vain. Un de ses plus grands soucis fut d’aider les jeunes cuisiniers à débuter dans la vie. Incapable de supporter la vue de l’injustice ou de la misère, il se montra toujours secourable aux malheureux » Paul Thalamas, Eugène Herbordeau
Au Savoy et au Carlton, il a toujours eu plusieurs employés en surnombre afin de leur éviter le chomage.
Pendant la guerre de 1914-1918, il s’occupa non seulement des combattants mais il apporta aussi un soutien sans faille aux familles des cuisiniers mobilisés, organisant des fêtes de bienfaisance dont les bénéfices leurs étaient reversés. Une carte postale manuscrite adressée à Paul Thalamas le 27 juillet 1917 indique un bénéfice de 430 £, soit 11 000 F d’alors (19 800 € environ) « bénéfice d’une petite fête que nous venons de donner en faveur des femmes et des enfants de nos collègues sur le front ». 
« Pendant la guerre, écrit-il dans ses Souvenirs Inédits, nous répartissions une certaine somme entre 50 femmes et 70 enfants. A la fin de la guerre, nous avions distribué une somme globale de 75 000 F.
Pour mes ouvriers mobilisés, j’avais pris des dispositions afin qu’ils soient sûrs, à la fin de la guerre, de retrouver du traail dans nos cuisines. »

Ne rien perdre pour le donner

La dictature de l’hygiène n’était pas heureusement alors ce qu’elle est maintenant ! Ce qui permettait à Escoffier de faire récupérer tout ce qui pouvait encore être utilisé ou consommé : marc de café et feuilles de thé, pour de nouvelles infusions, parures de toasts par kilos (c’était du bon pain !), bas morceaux, carcasses de volailles et de gibiers précieusement recueillis dans des seaux émaillés etc.
Tant au Savoy qu’au Carlton, à Londres, tout cela était destiné aux Petites Sœurs des Pauvres qui, chaque jour, venaient avec leur cariole chercher tout cela en cuisine. Un jour, le cheval qui la tirait étant mort, Escoffier leur en acheta un autre.

Projet d’assistance mutuelle pour l’extinction du paupérisme

Le monde du grand luxe dans lequel il travaillait et où l’argent coulait à flots, la fréquententation de ses acteurs l’a probablement rendu plus sensible encore aux décalages sociaux.
En 1910, il publie le Projet d’assistance mutuelle pour l’extinction du paupérisme où, mine de rien, apparaissent les grandes lignes de la politique sociale qui verra le jour bien des années plus tard.

Les œuvres des Disciples Escoffier

Les Disciples Escoffier suivent la voie de leur maître. Diverses actions sont entreprises chaque année dans certaines Régions et Pays.
Chaque année, au début du mois de Janvier, les Escoffier Paris s'unissent avec les Toques Blanches pour préparer et vendre des Galettes des Rois au profit des Nez Rouges, c'est-à-dire la Fédération des Maladies Orphelines. Lors de leur Chapitre annuel, une tombola est organisée dont le profit va à cette même association.
Les Escoffier Var Alpes du Sud investissent le bénéfice tiré de leur Chapitre annuel pour acheter et offrir des fauteuils à des handicapés. Quant à ceux de Lyon France Centre, ils oeuvrent pour un grand Dîner au bénéfice de l'association " le Petit Monde " qui s'occupe d'aider des parents d"enfants gravement malades.

© Textes Paule NEYRAT - © Réalisation ARAGORN